Ils réagissent…

Ils font le cinéma :

A tous les membres de l’association « Les Inattendus », ce mail pour vous faire part de mon soutien dans votre défense des CNP.
A vos côtés pour la « reconquête » du CNP Odéon,
Avec mes meilleurs sentiments,

Jacques Rivette

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La nouvelle de la fermeture du CNP Odéon à Lyon dans les conditions indignes qu’on nous rapporte, m’emplit tout à la fois de tristesse et de rage.

Tristesse. Pour moi qui suis né à Lyon, cette ville où ma passion pour le cinéma a pris corps, la disparition de cette salle historique pour les Lyonnais est une véritable catastrophe. Elle l’est pour le cinéphile que j’ai été qui s’est rendu tant de fois dans les salles CNP, pour le cinéaste que je suis devenu et elle l’est aussi pour le citoyen que je suis.

Si avant mes treize ans, c’est au Cinéjournal que j’avais l’habitude de me précipiter le jeudi matin avec un copain pour voir les westerns ou les films de guerre comme on disait alors, de Fuller ou de Peckinpah, le début de l’adolescence marqua un changement brutal et modifia mes trajets pédestres, car pour voir les films dont parlaient les revues que je dévorais avec passion, les Cahiers du cinéma, Cinématographe ou Positif, et d’autres encore, c’était au CNP qu’il  fallait aller.

Le CNP  fut pour moi le lieu du vrai début de ma cinéphilie, la cinéphilie en salles, quand ne suffisait plus à ma passion impatiente, les rendez-vous hebdomadaires à la télévision  avec le Ciné-club de Claude Jean Philippe et le Cinema de minuit de Patrick Brion, que pourtant j’aimais tant. Quand j’allais voir un film au CNP, j’étais comme habité d’un sentiment fébrile, un sentiment de découverte de quelque chose qui m’apparaissait mystérieux et sacré et donc formidable. Il y avait là, derrière les façades noires aux lettres blanches auxquelles je trouvais la pureté élégante d’un smoking, comme un antre un peu secret, où je pouvais découvrir des films que je ne voyais nulle part ailleurs…Il y soufflait un esprit, comme une exigence et une passion : le cinéma, rien que le cinéma, et « dans toute sa diversité », comme on est bien obligé de le dire maintenant, quand alors au CNP, c’était une évidence. C’était pour moi le début de ce plaisir si intime, celui de la découverte des films, puis de l’attention que l’on porte aux noms de celles et ceux qui les ont faits, les cinéastes…

J’ai fait là-bas la découverte et l’apprentissage de mondes qui me semblaient incroyables à l’époque et que j’ai tant aimés : le cinéma américain indépendant des années 70, l’émergence du nouveau cinéma allemand avec l’avènement des Herzog, Wenders. Tout cela bien entendu en V.O…Des bizarreries documentaires — qui se souvient encore de Pumping Iron ? — ou encore le légendaire Graphique de Boscop ! …des films d’horreur australiens quand ce n’était pas encore la mode, et sans doute Le Passe-montagne de Stévenin…

Des années plus tard, c’est avec un étrange mélange d’émotion et d’incrédulité que je revins dans cette salle qui m’avait beaucoup aidé à me construire, pour y présenter mon premier long-métrage. Marc Artigau dont je souhaite saluer ici amicalement la curiosité et la passion cinéphile, m’y reçut avec son équipe, avec beaucoup d’enthousiasme, d’écoute et l’envie inaltérable d’être un passeur pour les spectateurs de sa salle, comme tant d’autres cinéastes avant et après moi, ont pu en faire l’heureuse expérience.

Colère. Mais la tristesse que j’éprouve aujourd’hui va bien au-delà de mon cas personnel, et cette tristesse laisse vite la place à de la colère.

Car depuis des années qu’il  est à la tête du CNP, Marc Artigau (avec son équipe) a toujours fait le choix d’une programmation inventive et exigeante et su épauler les films qui en avaient besoin, en leur permettant de s’installer plus longtemps qu’ailleurs sur ses écrans – un peu comme on permet au voyageur de pouvoir faire une bonne halte pour se reconstituer- afin de donner le temps aux spectateurs de les découvrir, à une époque où les œuvres sont de plus en plus considérées comme des « produits culturels » (horrible formule) jetables.

Si des lieux comme le CNP disparaissent, c’est la précarisation de tout un cinéma indépendant et original qui s’accentue de façon dramatique et qui débouchera à court terme, soyons en sûrs, sur sa disparition pure et simple.

Enfin je suis aussi choqué en tant que citoyen, furieux par la méthode employée et le dédain manifesté à l’égard de l’équipe qui depuis tant d’années insuffle son âme au CNP. Ce sont les  mêmes méthodes que l’on retrouve chez ces chefs d’entreprise qui délocalisent en catimini le week-end et font transférer les machines à l’étranger, sans en informer qui que ce soit. C’est écoeurant.

J’apporte ici tout mon soutien à Marc Artigau et son équipe dans ce moment difficile et espère  que le Centre National de la Cinématographie mettra tout en œuvre pour empêcher ce gâchis.

Pascal Deux

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J’apprends la nouvelle de la fermeture du CNP Odéon à Lyon. Cette nouvelle m’attriste et me met en colère car je sais combien de tels lieux, si farouchement animés par ceux qui s’en occupent, sont précieux pour nous autres cinéastes. Marc Artigau et son équipe ont su insuffler une âme à ces salles, créer de vrais espaces de rencontres entre les cinéastes et les spectateurs.J’ai pu le constater par moi même lors de la sortie de mon film « Histoire d’un secret ». J’apporte tout mon soutien à l’équipe et espère qu’une solution sera trouvée prochainement.

Mariana Otero

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Je viens de lire votre appel. Je ne peux que le soutenir. La fermeture d’un cinéma est toujours une faute culturelle et citoyenne. Cette salle comme beaucoup d’autres, avait un passé, une mémoire, elle a un futur et un avenir. La fermer, c’est aussi grave que brûler des livres…. La conserver, c’est investir pour les générations futures. Bon courage à vous tenez-bon.

Joël Farges

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Bien sûr nous ne pouvons laisser faire ! Merci encore à toute l’équipe pour son travail sur les films, son accueil et les passionnants débats qui faisaient vivre et les films et nos coeurs.
Bien à vous tous.

Denis Gheerbrant

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Comment ne pas vous soutenir, vous êtes toute notre atmosphère.
Cordialement, courage à vous

Marie-Claude Treilhou

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Comme cinéaste, mais surtout comme spectateur, je trouve cela désolant. Un cinéma comme l’Odéon qui ferme c’est un peu notre curiosité que l’on bride, notre possibilité de découvrir autre chose que les films formatés. Un cinéma animé par un bonhomme dont les spectateurs savent d’expérience qu’il va leur proposer un bon film, et qu’il va le garder à l’affiche plusieurs semaines, cela n’a pas de prix. Il faut tout mettre en œuvre pour éviter cette fermeture ; quand elle aura eu lieu pour faire place à un immeuble ou à un GAP, la nostalgie ne suffira pas, quelque chose sera mort. La disparition de ce type de salles indépendantes conduit inexorablement, nous le savons tous, vers l’uniformisation. L’exemple italien devrait nous servir de leçon.

Philippe Lioret

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Bonjour,

Je viens de recevoir un mail annonçant cette mauvaise nouvelle du démantèlement du CNP de Lyon. Cette méthode de désossage pendant l’été du cinéma parle pour elle-même : c’est une chose honteuse faite en cachette et qui interdit tout rattrapage. Comment dire mon accablement ? Je suis venue à plusieurs reprises présenter mes films au CNP et j’ai toujours eu l’impression que c’était une des meilleures salles de cinéma de France. (Et donc du monde !)
Parce que non seulement la programmation y était faite avec goût, style et passion mais aussi parce que l’intelligence et le savoir de Marc Artigau donnaient toutes leurs chances aux films présentés, il connaissait le public et le guidait comme un véritable passeur ouvrant sans cesse ses horizons non pas seulement vers « le pointu » mais vers les grands larges de l’actualité du cinéma, du répertoire, de la recherche. Les films qu’il présentait restaient plus longtemps qu’ailleurs, y étaient en égalité commerciale, artistique les uns avec les autres, il adaptait continuellement les séances comme un grand cuisinier, pour que chaque film rencontre son public. Les débats, la presse qu’il convoquait faisaient du film un événement, un lieu de pensée, de rencontre. Il rendait à chaque film son ambition d’être un nouveau pas dans la découverte de « ce que peut le cinéma », de ce qu’il nous donne à concevoir, à éprouver, à découvrir. Et ce non pas comme un médium d’information ou de pur spectacle mais comme ce qu’il est avant tout , un moyen inouï de représentation de la vie, du monde.
Chaque fois que j’entendais chanter le couplet annonçant la fin du cinéma, l’apocalypse promise de l’exploitation des films, je prenais l’exemple du CNP, et de quelques autres salles-miracles, où la passion avait réussi à créer un véritable lieu de culture, de vie, de discussion. Où la création était d’abord du côté du spectateur.
Le terrassement généralisé par les monopoles ont pour effet de m’empêcher cet été de voir, en étant dans le Var, le film d’Alain Guiraudie, « Adieu Gary », « Partir », et tant d’autres qui pourtant sont la véritable actualité cinématographique. C’est donc une censure qui s’installe, sous couvert de faillite économique due non pas aux amateurs comme Marc Artigau et son public, mais à l’incompétence de ceux qui veulent la mort du cinéma, sans même être capables d’en faire quelques dollars de plus…

Claire Simon

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Je tiens à apporter mon soutien inconditionnel au travail exemplaire accompli par les CNP de Lyon et en particulier en la personne de Marc Artigau, que j’ai la chance de connaître depuis très longtemps. Il est l’un des premiers à avoir projeté mes films à Lyon depuis le début des années 1980: il a suivi mon travail de façon assidue et je suis toujours aussi impressionné par sa façon passionnée et contagieuse d’aimer le cinéma, d’en parler. C’est toujours un plaisir, plus: un bonheur pour moi de retourner à Lyon pour revoir Marc et rediscuter cinéma avec lui. Il est l’un des très rares exploitants en France à avoir gardé mes derniers longs-métrages ( »El Cantor » et « J’aimerais partager le printemps avec quelqu’un ») suffisamment longtemps en salles (au CNP) pour leur donner les chances maximales d’être vus par un public que je suis venu rencontrer à plusieurs reprises avec le même enthousiasme.

Je trouve scandaleux, inadmissible, intolérable que le travail extraordinaire fourni par le CNP et par Marc Artigau soit menacé de cette façon et ferai tout ce qui est dans mon modeste pouvoir pour contribuer à ce qu’il soit poursuivi. Pour moi, depuis le début, Lyon, ville natale du cinématographe, est incarnée de façon indélébile dans son paysage par le CNP et par Marc Artigau: je veux tout faire pour que cette position unique continue!!!

Avec mes amitiés cinématographiques,

Joseph Morder

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Il est de bonne guerre de mettre en avant la rentabilité plutôt que la connaissance dans un monde où le fric est roi, il est de bonne guerre d’empêcher l’accès à la culture, à la réflexion, aux citoyens lorsque le monde ne vit plus qu’au rythme des informations « scudées » au JT de 20 heures, dans une société qui fourgue à nos enfants une école au rabais faite pour l’élite et pour enseigner un individualisme formaté au capitalisme et au business, il est de bonne guerre de faire disparaître les petites salles de quartier, les salles de proximité, dans un monde aveugle qui ne vit plus que dans le superficiel et le paraître en s’abreuvant de télé-réalité et de publicité, il est de bonne guerre de foutre dehors des employés puisqu’ils ne sont pas patrons, alors il est peut-être temps de se dire que les films ne sont pas seulement des œuvres, mais également les partisans d’une guerre contre la connerie, contre l’égoïsme, contre le mercantile, contre la médiocrité. Il est peut-être temps que nos films offrent une ouverture d’esprit et tentent de donner sens au monde qui se dégrade autour de nous. Oui, il est peut-être temps pour nous, cinéastes, de faire la guerre à notre manière, résister encore, résister toujours et faire des films. Mais quand on ferme une salle Art et Essai, on perd déjà une bataille, car nos films sensibles, fragiles, revendicatifs perdent la possibilité d’être vus. Combien de salles restent encore avant que l’on perde la guerre ?

Laurent Bouhnik

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Je soutiens très fermement les deux CNP de Lyon. Je soutiens ceux qui y travaillent. Je soutiens Marc Artigau qui en a fait des lieux saints du cinéma libre. Je soutiens le public fidèle et intelligent des CNP.
Les CNP m’ont soutenu depuis leur ouverture. Sans eux et quelques autres cinémas en France, aurais-je pu montrer mes films, recevoir un accueil et continuer ? Les CNP sont l’oxygène de milliers de spectateurs qui refusent la fermeture de leur temple.

Alain Cavalier

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Bonjour,

Vous avez tout mon soutien de spectatrice, de cinéaste, de citoyenne: le CNP ne doit pas être fermé, la façon en outre dont cela se passe est odieuse. Les citoyens ont besoin des cinémas, et de cinémas dans leur diversité!!!

Tenez bon!
Bien à vous

Aurélia Georges

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À l’attention des l’association bien nommée « Les Inattendus »
Je suis particulièrement peinée de ce qui arrive à Marc Artigau et à l’équipe du CNP. J’ai eu la chance de voir mes films projetés dans cette salle et je garde un souvenir très fort de la projection de Lila Lili où en compagnie de Zinedine Soualem nous avons présenté le film et eu des rencontres passionnantes avec le public ainsi qu’avec des journalistes que Marc avaient conviés. J’ai aussi en tête la sortie de Imago et la difficulté que j’ai eu alors à rester dans les salles qui proposaient le film. Marc Artigau aimait le film et l’a imposé, il a gardé le film trois semaines. C’est une belle façon de défendre un travail et d’essayer de lutter contre cette maladie du résultat immédiat qui sacrifie trop souvent les films singuliers. Entre réalisateurs nous échangeons souvent nos impressions au sujet des salles qui nous invitent, le CNP a toujours eu la réputation d’une salle incontournable pour les films de création, d’un lieu pratiquant une programmation unique et indispensable dans une ville aussi importante que Lyon. Rares sont les programmateurs de salle cinéphiles, curieux et indépendants, Marc Artigau a toutes ces qualités et l’association qui se mobilise aujourd’hui pour pérenniser son travail exceptionnel et celui de son équipe ne peut que recevoir le soutien inconditionnel des cinéastes.
Bon courage et je souhaite longue vie au CNP,

Marie Vermillard

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Chers membres de l’association,
Je suis très choqué d’apprendre la fermeture brutale du CNP Odéon, qui a déjà présenté plusieurs de mes films, et qui fait un excellent travail de programmation dans le centre-ville de Lyon.
L’existence d’un réseau de cinémas Art et Essai de qualité dans toutes les villes, même moyennes, est une des plus grandes forces de la vie cinématographique française, et l’une des choses qui nous permettaient, jusqu’ici, de résister au déferlement de produits audiovisuels barbares qu’on voit dans certains pays voisins.
Je vous soutiens entièrement dans votre combat pour sauver cette salle, et toute autre qui pourrait se trouver dans la même situation, ainsi que pour protéger l’équipe qui y travaillait.
Bien cordialement

Eugène Green

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Beaucoup d’entre vous connaissent les cinémas CNP à Lyon.
Ce sont des salles absolument indispensables qui diffusent des films nulle part ailleurs montrés, prenant le risque de les garder longuement à l’affiche malgré parfois les faibles résultats en entrées. Marc Artigau, le directeur des CNP, est un ardent cinéphile et un vrai défenseur des œuvres et des auteurs. Je le respecte pour sa connaissance de son métier, pour sa culture artistique et historique. A plusieurs reprises, il a défendu mon travail dans ses salles. Je lui dois bien ce retour d’ascenseur.

Cyril Peyramond

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J’ai adoré cette salle, c’est là, lorsque j’étais une jeune cinéphile, que je me suis mise à rêvasser à l’idée de faire des films… C’est sinistre de la voir disparaître. Je souhaite m’associer au mouvement de soutien.

Christine Dory

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En tant que cinéaste ayant présenté mes films au CNP et en tant que coprésident de l’Association des cinéastes documentaristes (Addoc), je proteste contre la fermeture du CNP Odéon. Je suis, nous sommes solidaire(s) de l’association « Les inattendus » et du Collectif de soutien aux CNP.
Cordialement,

Abraham Ségal

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Chers amis de la salle CNP Odéon de Lyon,
Je suis désolé d’apprendre que votre salle est en passe d’être désaffectée.
En tant que cinéaste algérien, je sais ce que veut dire l’exception culturelle française, et je sais que les salles d’Art et Essai sont un élément essentiel de ce dispositif.
J’habite Montreuil, et la salle « Le Méliès » donne l’exemple d’une salle d’avant-garde qui bat des records d’affluence, les deux n’étant donc pas incompatibles.
Sachez donc que je vous soutiens dans votre lutte pour que quelle que soit la suite, cette salle demeure pour le cinéma d’Art et Essai.

Jean-Pierre Lledo

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Avec aussi le soutien de :

  • Raymond Depardon et Claudine Nougaret
  • René Féret
  • Alain Guiraudie
  • Luc Moullet
  • Jacques Rozier
  • Agnès Varda
  • Paul Vecchiali
  • Pierre Salvadori
  • Bertrand Tavernier
  • Serge Bozon
  • Pierre Etaix

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Ils font exister le cinéma :

Comme beaucoup nous sommes restés abasourdis en apprenant les conditions de fermeture de l’Odéon à Lyon. Le travail de l’Odéon et des autres salles du CNP a toujours été de promouvoir un cinéma de qualité, de sortir des sentiers battus, et de s’engager à défendre un cinéma qui soit celui de l’échange, de la découverte, du partage intelligent, et pas celui de la réception molle qu’on voudrait partout nous imposer. Ce type de comportement et de méthode nous pose la question à nous, responsables de salles de cinéma, de la pérennité de l’existence de lieux de cinéma indépendants et, partant, de la liberté de programmation et d’action culturelle qu’ils devraient avoir.
Cette situation pose la question de l’engagement qui devrait être inhérent à notre travail. Le programmateur-directeur Marc Artigau en a toujours fait preuve envers les spectateurs en ayant bien conscience que regarder un film était aussi un acte de création, et scellant ainsi avec eux une sorte de contrat moral.
Nous apportons notre soutien aux employés des cinémas CNP dans ce combat qui devrait tous nous interpeller, particulièrement à l’heure actuelle où les politiques publiques en matière de culture ne sont pas toujours favorables à ces initiatives de petite échelle mais de grande qualité.

Geneviève Houssay
Présidente du GNCR (Groupement National des Cinémas de Recherche)

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Les cinéastes et l’équipe de l’ACID sont particulièrement choqués par la fermeture soudaine du CNP Odéon à Lyon et par les conditions de cette fermeture.
De nombreux cinéastes de l’Association ont présenté leurs films dans cette salle qui a toujours effectué un travail remarquable en termes de programmation, d’animation, et d’exposition des films dans la durée. A l’heure où les œuvres les plus singulières, les plus ambitieuses, peinent à trouver le chemin des salles, expulsées par un marché gagné par la maladie du résultat immédiat, c’est une fenêtre essentielle d’exposition de la diversité du cinéma dans la deuxième ville de France qui est en danger aujourd’hui et, à travers elle, la liberté de tous les cinéastes à avoir accès à tous les publics et celle du public à voir les films de leur choix.
L’ACID réitère ici son soutien inconditionnel au programmateur Marc Artigau et à son équipe qui ont toujours travaillé avec professionnalisme, passion et engagement, animés de cette précieuse croyance dans le cinéma et dans la curiosité des spectateurs.
Nous sommes avec vous dans cette lutte. Longue vie aux CNP.

Les cinéastes et l’équipe de l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion)

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Depuis sa création en 2005, le festival « Quais du Polar » travaille en collaboration avec les CNP, notamment en faisant usage lors de chaque édition de la salle du CNP Odéon pour une Nuit Noire.
Pour cette raison, et parce que nous sommes des spectateurs soucieux de la diversité de l’offre cinématographique en centre ville, nous déplorons la fermeture de cette salle Art et Essai.
Nous déplorons également les circonstances qui ont entouré cette fermeture et affirmons notre soutien à Marc Artigau, ainsi qu’à l’ensemble des salariés des CNP.

Albane Lafanechère
Présidente de « Quais du Polar »

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Je suis également très choqué et inquiet pour le futur…Il ne serait pas étonnant que le même exploitant ferme l’été prochain ses salles Art et essai à Marseille.
Le personnel et la Mairie de Marseille, propriétaire des locaux demeurent vigilant. Mais la rumeur commence à se répandre…

André Soto
Directeur de l’ALC/cinéma Saint-Exupéry

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Au nom de toute l’équipe du cinéma Le Méliès de Saint-Etienne et ne pouvant être présent à la journée de soutien de samedi, j’apporte mon soutien moral à Marc Artigau et à l’équipe des CNP. Les CNP font partie des derniers garants de la diversité de l’exploitation cinématographique en Rhône-Alpes et ont participé à la vocation de nombreux jeunes professionnels du cinéma de cette région. C’est un devoir de les soutenir !

Sylvain Pichon
Directeur du cinéma Le Méliès (Saint-Etienne)

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Beaucoup de tristesse face à cette horrible nouvelle de la fermeture du CNP Odéon.
Les CNP sont nos partenaires depuis les débuts de notre festival, il y a plus de 10 ans. Nous ne remercierons jamais assez son directeur-programmateur de talent, Marc Artigau, et toute son équipe. Grâce à eux, le festival Cinémas & Cultures d’Asie a pu se developper.
Ce plaisir se prolonge au CNP Terreaux où nous organisons chaque mois « l’Asian ciné-club » en présentant en avant-première un film asiatique.
Toute l’équipe d’Asiexpo vous apporte son soutien dans ces temps difficiles.
Bon courage.

Jean-Pierre Gimenez
Directeur d’Asiexpo (Lyon)

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C N P
Les seuls à projeter à Lyon, Jean-Luc Godard, Alexandre Sokourov, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Tariq Teguia, Carlos Reygadas, Raya Martin, Manoel de Oliveira, Bruno Dumont, Hans-Jürgen Syberberg…
Alors si il n’y a plus de CNP à Lyon, la ville où est née le cinéma va aussi voir le cinéma mourir.

David Yon,
Revue Dérives

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Bonjour,
J’ai appris comme tout le monde avec ahurissement ce qui vous arrive.
Au-delà de la grande perte qu’une salle comme celle de l’Odéon représente dans le paysage culturel de la ville, c’est une partie de l’histoire et du patrimoine du cinéma lyonnais qui est escamotée à la hussarde, comme telle ou telle entreprise qui se trouve vidée de ses moyens de production à l’insu de tous, par des patrons voyous qui ne mériteraient rien de mieux qu’une belle correction à la sortie d’une salle obscure. Je tiens à vous assurer de ma solidarité ainsi que de celle de tous mes collègues dans votre combat.
Bien cordialement,

Laurence Dubourget
Coordination cinéma du Théâtre de la Renaissance (Oullins)

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Nous sommes régulièrement informés par le GRAC notamment de ce qui se passe aux CNP et de la façon dont votre employeur et propriétaire des salles vous traite. Ce déménagement estival et la fermeture de l’Odéon en catimini en dit long sur le comportement de votre employeur tant à votre égard qu’à l’égard des spectateurs qui fréquentaient les CNP.
L’association « Au fil du temps », gestionnaire du cinéma Les Halles à Charlieu tient à vous dire, par mon intermédiaire, notre entière solidarité.

Charles Gaubert
Cinéma les Halles (Charlieu)

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Je viens apporter mon soutien à Marc Artigau et à son équipe. Tenez-moi
informé de la suite de vos démarches.

Jacques Daumas/Co-Gérant de la SCOP « Le Navire »/Exploitant de salles à
Valence, Crest, Pierrelatte, St-Paul Trois Châteaux et Aubenas.

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Très choquée par l’annonce de la fermeture du CNP Odéon, je tiens au nom de l’équipe du Studio 43 à exprimer notre solidarité de tous avec les salariés.
Il est inquiétant que le secteur du cinéma art&essai se comporte comme les patrons voyous de l’industrie et de la finance…

Caroline Grimault
Directrice Terre Neuve / Studio 43

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J’apporte tout mon soutien à Marc Artigau et son équipe et dénonce les
pratiques de mafieux de Monsieur Moraviov qui mettent à mal
l’exploitation cinématographique déjà fragilisée par une politique de
rentabilité de la Culture et du tout commerce.
Bon courage

Nora DEKHLI (Directrice)
Cinéma le Rio (Clermont-Ferrand)

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Personne dans la profession n’est étonné de la dernière prestation de Moravioff. Elle porte sa signature. Elle mérite un combat public, politique et judiciaire.

Jean Douchet
Cinéaste, essayiste, critique et enseignant de cinéma

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Acte scandaleux, méthodes de gangster. Il ne faut jamais cesser de s’indigner et de se révolter contre le fait du prince.

Bernard Eisenschitz
Essayiste, critique et historien de cinéma

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Avec aussi le soutien de :

  • Cinéma Comœdia (Lyon)
  • CinéDuchère (Lyon)
  • Institut Lumière (Lyon)
  • Festival Cinéma Nouvelle Génération (Lyon)
  • ICMRA – Institut du Court Métrage en Rhône-Alpes (Lyon)
  • Cinéma Les Alizés (Bron)
  • Ecully Cinéma – Maison de la Rencontre (Ecully)
  • Cinémas du sud (Marseille)
  • Cinéphiles en action (Lyon)
  • Cinématheque « Jean Douchet » (Dijon)
  • Espace Culturel Jean Carmet (Mornant)
  • Luce Vigo
  • Cinéma Le Lem (Tassin-la-Demi-Lune)
  • Cinéma Le Méliès (Pau)
  • Ecran Village, association de cinéma itinérant (Ardèche)
  • Association Cent Soleils (Orléans)
  • Hors Ecran

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Merci également à :

  • BF15 (Espace d’Art Contemporain – Lyon)
  • Association Nouveaux Espaces Latino Américains (Lyon)

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Côté élus :

Vaulx en Velin, le 3 septembre 2009,

Madame, Monsieur,

Nous avons appris par la presse la fermeture du cinema CNP Odeon.
Nous tenons avous faire part de notre indignation quant ala procedure et aux methodes employees.
Sachez que la ville de Vaulx-en-Velin soutient les employes du CNP Odeon mais aussi ceux des autres CNP de Lyon dans leur action pour la defense de leurs droits mais aussi pour que les methodes honteuses de leur employeur ne soient pas laissees sans suite.
Nous vous prions d’agreer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingues.

Le Maire,
Conseiller communautaire du Grand Lyon
Bernard Genin

Le conseiller municipal délégué à la culture,
Nassreddine Hassani

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Le 2 septembre 2009

Bonjour,

Les élus communistes de Lyon et le Collectif Culture de la Fédération du Rhône du PCF, partagent votre indignation quant à la fermeture_et aux conditions de cette fermeture_ du CNP Odéon. Ils sont aussi inquiets quant à l’avenir des autres CNP, conscients de la contribution irremplaçable de ces salles à la diffusion d’une création cinématographique exigeante. Ils seront à vos côtés dans la journée du 5 septembre.

D’autre part nous avons entrepris une première démarche auprès de M. Képénékian et M. Deschamp, respectivement en charge de la culture à la Ville de Lyon et à la Région, afin d’étudier les possibilités respectives des deux collectivités territoriales pour la sauvegarde des deux derniers CNP.

Cordialement,

Katherine Legay
Conseillère municipale

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Le 23 juillet 2009

Monsieur le Président,

J’ai pris connaissance avec attention de votre « Lettre ouverte sur l’avenir des CNP ».

Le travail de programmation de Marc Artigau permet aux films les plus exigeants de rencontrer leur public à Lyon, dans un cinéma de centre ville, fidèle à la ligne éditoriale et à l’engagement culturel qui a présidé à la création des CNP à la fin des années 60. Vous soulignez très justement que la concurrence commerciale s’est considérablement accrue ces dernières années, et particulièrement dans l’agglomération lyonnaise. En parallèle, les attentes du public en matière d’accès tarifaire et de conditions de confort et d’accueil ont également évolué.

Prenant en compte ce contexte, et au fil des années, la Région a renforcé son accompagnement des salles de cinéma.

Notre soutien à la rénovation de salles a permis d’améliorer les conditions d’accueil et de projection de plus de 110 établissements. C’est ainsi que je me suis engagé fermement il y a plusieurs mois en faveur du Méliès à Grenoble, alors que le CNC refusait son appui.

La région soutient également la structuration des réseaux de salles art et essai pour améliorer la circulation des films, et mène une politique de sensibilisation des jeunes active et répétée, au travers des avantages cinéma de la Carte M’ra et des actions d’éducation à l’image destinées aux lycéens rhônalpins. Ainsi, les cinémas de proximité sont placés au cœur des orientations régionales.

Les dispositifs régionaux, dont le CNP a déjà pu bénéficier par le passé pour des travaux, sont accessibles à toutes les salles répondant aux critères régionaux.

Cependant, à ce jour, aucune demande n’a été déposée par l’équipe des CNP.
Parallèlement, nous nous sommes engagés, avec le Grand Lyon et d’autres collectivités, dans la création d’un Laboratoire régional « cinéma et territoire », lieu de débat et de propositions pour l’exploitation cinématographique. La Région entend poursuivre le travail de mobilisation des collectivités territoriales et de l’Etat aux enjeux du secteur d’aujourd’hui.
Nous sommes bien entendu disponibles pour tout échange sur la situation actuelle et l’avenir des CNP.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations les meilleures.

Jean-Jack Queyranne,
Président du Conseil régional.

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Le 2 Juin 2009

Messieurs,

J’ai lu avec beaucoup d’attention votre lettre ouverte sur l’avenir des CNP. Je partage votre analyse sur le cinéma national populaire, qui conjugue l’accessibilité pour le plus grand nombre de nos concitoyens a des films de qualité, tout en permettant aux auteurs de vivre et de se faire connaître, en dehors des circuits de la grande distribution.

Sachez que je serais particulièrement attentive a la proposition que vous faites, concernant tout projet de reprise, en cas de difficulté matérielle des CNP, car je pense, tout comme vous, que la disparition de ces salles causerait des dommages considérables tant dans le champ de la création artistique que dans celui de la diffusion

A l’heure où le ministère propose de resserrer la voilure autour de quelques grands établissements de prestige, il serait bon d’irriguer l’ensemble du territoire, de soutenir les artistes partout et accueillir et diffuser les œuvres d’art pour que tout le monde puisse se les approprier.

Dans ce combat pour faire de la culture un bien commun de l’humanité, vous me trouverez à vos côtés.

Soyez assurés, Messieurs, de tout mon soutien

Nicole Gay,
Présidente du groupe communiste et intervention citoyenne