Archives de novembre, 2009

La Lettre du SDI (Syndicat des Distributeurs Indépendants)

10 novembre 2009 | Sonnette d'alarme

Paris, le 9 novembre 2009 Monsieur Frédéric MITTERRAND Ministre de la Culture et de la Communication Madame Véronique CAYLA Présidente du Centre National du Cinéma et de l'image animée Monsieur Gérard COLLOMB Sénateur-Maire de LYON Monsieur le Ministre, Madame la Présidente, Monsieur le Sénateur-Maire, Le Syndicat des Distributeurs Indépendants (SDI) souhaite vous faire part de son indignation devant les méthodes utilisées pour mettre fin aux activités des salles de cinéma CNP à Lyon et de sa profonde inquiétude devant la nouvelle situation de la ville quant à la diversité et à la qualité de l'offre de films désormais proposées au public. Tout d'abord, la situation des cinémas CNP ces derniers mois nous paraît difficilement acceptable : déménagement brutal et clandestin pendant l'été de l'outil de travail des salariés du CNP Odéon, opération suivie du licenciement de plusieurs salariés des CNP Terreaux et Bellecour, puis aujourd'hui d'une procédure de licenciement pour faute grave envers le programmateur des CNP, Monsieur Marc Artigau. Sans se prononcer sur le fond d'un dossier dont il n'a pas connaissance, le SDI ne peut que confirmer, comme l'ont fait les milliers de cinéphiles qui fréquentaient les salles du CNP et de nombreuses organisations professionnelles du cinéma, la qualité du travail qu'effectuait Monsieur Marc Artigau dans les salles du CNP. Nous demandons en conséquence aujourd'hui aux Pouvoir Publics de vérifier et de faire toute la lumière sur cette entreprise d'exploitation, qui percevait depuis 1998 des aides automatiques et sélectives qui auraient dû lui permettre de rénover et d'améliorer le fonctionnement de ces salles et l'accueil du public, ce qui n'a visiblement pas été fait. Les écrans du CNP étaient à Lyon les lieux essentiels de programmation d'un cinéma ambitieux et fragile, au service de la diversité des auteurs et des cultures. Il convient de rappeler que ces films (près de 50% des oeuvres art et essai sortent sur un maximum de 20 salles en France) n'accèdent à leur public que grâce à la qualité du travail d'équipes comme celles des CNP, qui ont sû fidéliser les spectateurs autour d'une ligne éditoriale cohérente et réaliser un travail d'accompagnement régulier. Nous ne pouvons admettre que cette conception du cinéma comme vecteur majeur de la création artistique au XXIème siècle disparaisse de la seconde ville de France. Nous espérons que notre démarche retiendra toute votre attention et que des mesures seront rapidement prises pour mettre fin à la grave situation à laquelle conduit aujourd'hui la menace de disparition des CNP. Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, Madame la Présidente, Monsieur le Sénateur-Maire, à l'assurance de notre haute considération. Pour le Conseil d'administration du SDI Vincent PAUL-BONCOUR Président Télécharger la Lettre du SDI ________________________________________________________________________________________________ SDI (Syndicat des Distributeurs Indépendants) ADRESSE POSTALE : c/o I2C – 23 Rue des Charmes 78110 LE VESINET SIEGE SOCIAL : 8, Boulevard Montmartre 75009 Paris Tel : 01 30 71 50 92 – courriel : sdicine@free.fr – site web : www.sdicine.fr

Prochaine réunion du Collectif

7 novembre 2009 | Collectif Cinéphile constitué

La prochaine réunion du collectif de soutien au CNP se tiendra mercredi 11 novembre à 19h dans la salle arrière de la librairie « A plus d’un titre » (quai de la pêcherie-Lyon 1er). Nous tentons de mettre sur pied une soirée débat mi-décembre pour échanger sur la question du cinéma d’art et d’essai à LYON. Le Collectif.

Se souvenir de demain

5 novembre 2009 | Les employés des CNP

Bonjour à tous, Suite à notre précédent message, certains semblent s'inquiéter de la situation dépeinte et se demandent dans quelle mesure ils peuvent agir. Alors, effectivement, tant que Galeshka Moravioff en sera propriétaire, il y a fort à parier que l'avenir du CNP ne sera qu'une lente agonie avant sa fermeture plus que probable. Face à notre pdg et ses agissements, puisque nous sommes dans le cadre d'une société privée, il n'y a que nous qui puissions réellement agir (et lui nuire) en faisant valoir nos droits, afin qu'il récolte les fruits de son œuvre. Et c'est ce que nous nous employons à faire par la voie légale. Cependant, dans l'hypothèse d'un rachat du CNP ou de la création d'un nouveau lieu dédié au cinéma d'art et essai, les spectateurs dans leur ensemble peuvent avoir un rôle à jouer. Des réunions du collectif de cinéphiles était née une idée aussi simple que pertinente, témoigner de son attachement au CNP (et à sa proposition artistique) d'un simple post-it sur lequel figurerait un réalisateur, un acteur... découvert dans ces salles - ou une anecdote personnelle relative aux lieux. Avec pour but d'en recouvrir les murs et de redonner un peu de vie à ses tristes murs, en y affichant l'histoire du CNP qui s'est écrite à travers vous. Aussi, ce serait l'occasion de conforter de possibles futurs acquéreurs/entrepreneurs de l'existence d'un véritable public, et ce d'une façon plus visible et ludique que notre actuelle pétition. Pour éviter que les souvenirs ne deviennent regrets. Personnellement, au CNP, j'ai découvert Tariq Teguia (Inland) et travaillé avec des personnes dont j'ai beaucoup appris. Et dont j'espère continuer à apprendre. A vos post-it, donc ! Cordialement, les employés du CNP.

Lettre Ouverte de l’ACID et de la SRF

2 novembre 2009 | Sonnette d'alarme

À Monsieur Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication À Madame Véronique Cayla, Présidente du Centre National de la Cinématographie À Monsieur Gérard Collomb, Sénateur-Maire de Lyon Paris, le 26 octobre 2009 Monsieur le Ministre, Madame la Présidente, Monsieur le Sénateur-Maire, Nous avons appris le coup de force inadmissible perpétré à Lyon, en plein mois d’août, par Monsieur Galeshka Moravioff, propriétaire des cinémas CNP, d’abord pour liquider la salle CNP Odéon (expulsion négociée en dehors du champ cinématographique), puis pour licencier économiquement plusieurs salariés des autres sites (CNP Bellecour et Terreaux) et enfin maintenant pour engager une procédure de licenciement (pour prétendues « fautes graves ») envers le programmateur des CNP, Monsieur Marc Artigau. Nous témoignons ici, avec les 6000 cinéphiles ayant déjà signé à Lyon la pétition de soutien aux CNP, que c’est grâce à l’activité inlassable de Marc Artigau, l’intelligence de sa programmation ouverte à tous les styles d’oeuvres, des plus médiatisées aux plus singulières, son respect de la diversité des publics et des auteurs, que les CNP sont devenus au fil des années un modèle d’une programmation « Art & Essai » et « Recherche » à la fois exigeante et grand public. Voilà maintenant que cette fenêtre essentielle d'exposition de la diversité du cinéma dans la deuxième ville de France est en danger. C’est une liberté fondamentale qui est ici en jeu : celle pour tous les cinéastes d’avoir accès à tous les publics (y compris des centre villes) et celle des spectateurs à voir les films de leur choix. Les pouvoirs publics doivent prendre conscience que si les CNP disparaissaient à Lyon, tout un pan du cinéma (grosso modo celui édité actuellement en France sur moins de 40 copies) finirait par n’avoir plus aucune exposition véritable au coeur de la presqu’île lyonnaise. Le déménagement brutal et clandestin de l’outil de travail du CNP Odéon rappelle trop les pratiques d’autres «patrons voyous». Et ici comme dans d’autres entreprises, nous ne les acceptons pas! Il faut en effet rappeler combien l’entreprise de Galeshka Moravioff (qui a racheté les salles en 1998) bénéficie chaque année, au titre du soutien automatique et sélectif du CNC, de sommes importantes pour l’exploitation des salles lyonnaises. Et ces sommes – provenant d’une taxe prélevée sur chaque billet de spectateur – ont depuis des années été réinvesties ailleurs, grâce à la règle dite de « mise en communauté d’intérêt du fonds de soutien à l’exploitation », entraînant de fait le déclin progressif de ces salles en termes de confort et de qualité de projection. La liquidation du CNP Odéon – Cinéma National Populaire – au bénéfice d’une opération commerciale sur la presqu’île lyonnaise sera sans doute une juteuse opération financière mais alors quid de toute idée de politique culturelle si l’on peut ainsi désaffecter, sans l’avis de quiconque, un théâtre cinématographique de sa fonction première ? Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de vous saisir au plus vite de ce dossier : il est indispensable d’exiger des comptes à Monsieur Moravioff quant à sa gestion calamiteuse depuis le rachat des salles, de s’assurer que les droits des salariés sont respectés et d’agir sans délai pour que soit mis un terme à la mascarade du licenciement engagé envers son programmateur. En défendant les CNP c’est une certaine idée du cinéma comme Art que nous défendons. Nous ne pouvons croire que la destruction d’un tel symbole puisse avoir lieu en toute impunité. Si c’était le cas, c’est toute une page du cinéma français qui serait tournée. Il est important face à de tels agissements d’affirmer certains principes : non, la culture n’est pas une marchandise comme une autre ! Nous attendons des pouvoirs publics d’agir concrètement pour s’y associer avec nous et de les défendre avec toute la vigueur nécessaire. Dans l’attente de votre intervention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, Madame la Présidente et Monsieur le Maire, l’expression de notre respectueuse considération. Fabienne Hanclot Déléguée générale de l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) Laure Tarnaud Déléguée générale de la SRF (Société des Réalisateurs de Films) ACID – 14 rue Alexandre Parodi, 75010 PARIS – 01 44 89 99 74 SRF – 14 rue Alexandre Parodi, 75010 PARIS – 01 44 89 99 65 Télécharger la lettre ouverte de l'ACID et de la SRF

Un point sur la situation du CNP

1 novembre 2009 | Les employés des CNP

Bonjour à tous et à toutes, Tout d'abord, nous tenons a vous remercier de votre soutien, qu'il se soit manifesté par votre présence lors des journées d'action que nous avons menées, ou par la signature des pétitions disponibles aux CNP et sur internet . Le succès de ces dernières nous a permis de nous conforter dans l'utilité de la lutte que nous menons depuis plus de deux mois face à notre pdg Galeshka Moravioff, aussi bien pour le respect du droit du travail que pour la survie d'une certaine proposition cinématographique. Succès qui explique aussi le retour tardif d'informations de notre part à votre attention, devant le nombre important de contacts à saisir (plusieurs milliers). Il est donc temps de faire le point sur notre situation qui, après avoir stagnée pendant plusieurs semaines, est enfin plus claire, mais pas moins délicate. Suite aux entretiens préalables effectués par Galeshka Moravioff le 29 septembre 2009, l'ensemble des contrôleurs, des agents entretiens et deux des trois assistants de directions ont donc été licenciés la semaine dernière. Soit trois semaines après le début de la procédure. De plus, le 14 octobre, le directeur et programmateur des CNP depuis 22 ans, Marc Artigau, a été mis à pied en vue de son licenciement. L'entretien préalable s'est déroulé mardi 27 octobre, au siège parisien de notre pdg, entérinant cette décision. Les conséquences sont immédiates et évidentes. Depuis la prise en charge de la programmation par Galeshka Moravioff, le choix et la diversité des films proposés pâtissent de son incompétence et de ses relations houleuses avec les distributeurs. L'accès aux nouvelles sorties se complexifie encore. Ainsi, cette semaine, à peine 12 films (hors séances de minuit) sont à l'affiche pour 7 salles, et la rencontre prévue avec la réalisatrice Simone Bitton pour son film Rachel a du être annulée. Dans cette situation, ce sont évidemment les œuvres les plus fragiles qui sont encore mises en danger, les films dits porteurs étant nécessaires à notre survie. Aussi, depuis le mercredi 19 octobre, l'entretien n'est plus effectué dans les salles et les sanitaires, puisqu'aucun contrat avec une entreprise de nettoyage n'a été signé, malgré la promesse de notre employeur. Le résultat est déjà visible. Enfin, l'absence de contrôleurs commence à se faire sentir. Que ce soit par de simples spectateurs se trompant de salles faute de conseils dans un lieu dont la configuration le requiert, ou par la prise de retard systématique des séances lorsque le personnel de caisse doit gérer seul plus d'une centaine de personnes. Soit un avant-gout des problèmes récurrents à venir, auxquels s'ajouteront d'autres plus importants lorsque s'inviteront les resquilleurs ou qu'un incident se produira au sein d'une salle sans que personne ne puisse intervenir immédiatement. Aux conditions des sites s'ajoutent encore la situation non résolue d'une partie des employés du CNP Odéon, privés d'outil de travail depuis le 19 aout 2009, tout en étant toujours salariés de l'entreprise. A ce jour, voici donc où a mené la gestion calamiteuse du CNP par Galeshka Moravioff. Nous espérons pouvoir vous donner de nouvelles informations plus prochainement. Cordialement, les employés du CNP