A l’attention des Festivaliers
15 octobre 2009 | Les employés des CNP
Chers festivaliers,
Vous participez à ce qui se veut une grande célébration du cinéma de patrimoine. Aujourd’hui
reconnus, les films présentés ont cependant dû être défendus en leur temps. Depuis sa
création, le CNP œuvre à cela, offrir aux spectateurs la plus grande diversité
cinématographique, laissant le temps faire son œuvre quant à ce qui sera voué à rester dans la
mémoire collective.
Mais pour combien de temps encore ?
Car depuis le rachat par Galeshka Moravioff en 1998 et sa gestion calamiteuse, le CNP ne fait
que péricliter. Par sa volonté, les salles et le matériel de projection ne bénéficient plus d’aucun
investissement. Les créances auprès des différents fournisseurs et distributeurs ne sont pas
honorées. Le code du travail est bafoué : absence de médecine du travail, du droit
fondamental à la formation…
En fermant le CNP Odéon cet été, salle en activité depuis 1906, M. Moravioff poursuit son
action délibérée de détérioration du panorama cinématographique lyonnais.
Non content de priver le CNP et ses spectateurs de sa plus belle salle, notre PDG ampute
aujourd’hui l’entreprise d’un tiers de son effectif par la suppression des postes d’assistants de
direction, d’agents d’entretien et de contrôleurs, sans envisager de travaux d’aménagements,
ni de réorganisation du travail.
Si la disparition des postes des agents d’entretien compromet sérieusement les conditions
sanitaires des sites, et celle des assistants de direction met en péril la réalisation hebdomadaire
du programme et l’organisation d’avant-première et de rencontres, l’absence de contrôleur
signifie une mise en danger de chacun.
Au-delà des évidentes fonctions de contrôle et d’accueil, le rôle des contrôleurs est aussi de
prêter assistance au personnel de caisse, responsable de la recette et dorénavant exposé à de
graves risques de vol et d’agression. Tout comme il assiste, après la fermeture de la caisse, le
projectionniste qui doit maintenant surveiller seul 3 à 4 salles pour autant de cabines de
projections et plusieurs dizaines de spectateurs.
Dans ces conditions, la sécurité des salariés ainsi que des spectateurs est fortement
compromise. Face au moindre incident, chacun se verra livré à lui-même, qu’il s’agisse de
simples resquilleurs malintentionnés ou d’accidents plus graves…
Nous tirons aujourd’hui la sonnette d’alarme, avant qu’on entre au CNP comme dans un
moulin, avant que le personnel ou les spectateurs ne soient victimes d’agressions, avant qu’un
drame ne se produise… Mais aussi avant qu’une certaine proposition cinématographique ne
trouve plus sa place à Lyon, ville des frères Lumière. Avant qu’il ne soit trop tard,
simplement…
Les employés du CNP.
Nous vous informons par ailleurs que suite à la fermeture du CNP Odéon, un collectif cinéphile s’est créé; contact et informations: http://collectifcinephile.wordpress.com
