Archives de octobre, 2009

Fautes Graves (Cinémas CNP de Lyon : Soutien à Marc Artigau)

20 octobre 2009 | Collectif Cinéphile constitué

Le mercredi 14 octobre 2009, Monsieur Galeshka Moravioff, PDG des cinémas CNP de Lyon, a adressé à Monsieur Marc Artigau, directeur-programmateur des CNP depuis 1987, un avis de mise à pied en vue d'un licenciement pour « fautes graves », lesquelles n'ont pas été précisées. Suite au démantèlement clandestin du CNP Odéon en août 2009 par Galeshka Moravioff, et à l'ensemble des licenciements économiques que ce dernier a mis en oeuvre, selon des modalités brutales et juridiquement contestables, au sein des employés des deux sites subsistants (Bellecour et Terreaux), plus de 6000 cinéphiles ont signé une pétition de soutien aux CNP, sous forme électronique ou manuscrite. Ce soutien allait bien sûr aux CNP portés par le travail de Marc Artigau et de son équipe, à l'égard desquels les cinéphiles lyonnais ont une dette imprescriptible, et non à ceux que Monsieur Moravioff s'est appropriés en 1998 et dont il a entraîné le déclin. De l'ensemble des signataires de cette pétition est né un collectif de spectateurs. Dans les tristes circonstances actuelles, CE COLLECTIF DECLARE CONSERVER TOUTE SA CONFIANCE DANS LE TRAVAIL DE PROGRAMMATION DE MARC ARTIGAU qui, dans le sillage de Robert Gilbert et de Bruno Pésery, a fait des CNP un modèle national de salles de cinémas d'Art et d'Essai et de Recherche pendant plusieurs décennies. EN REVANCHE, NOUS IMPUTONS À MONSIEUR MORAVIOFF LES FAUTES GRAVES SUIVANTES : avoir constamment bafoué les droits fondamentaux des travailleurs des CNP avoir systématiquement négligé toute forme de rénovation des CNP, qu'il s'agisse du matériel de projection ou du confort et de la sécurité du public et des employés avoir gravement détérioré les relations des CNP avec les distributeurs de films, en faisant du mauvais voire du non-paiement de ceux-ci une attitude systématique n'avoir jamais sérieusement proposé de nouveau projet pour les CNP, dans un contexte d'évolution des pratiques cinéphiles avoir rejeté sur ses concurrents, sur les collectivités locales, sur Marc Artigau et sur l'ensemble des employés des CNP la responsabilité de ces fautes, qui lui incombent. Le Collectif Cinéphile de Lyon.

Réponse à Christophe Chabert

16 octobre 2009 | Journée d'action, Les employés des CNP

(Voir son article sur le blog Festival Lumière 2009 du Petit Bulletin) Tout d’abord, il faut signaler l’un des principaux faits de la journée du 14 octobre, dont il n’est pas question dans le texte de Christophe Chabert : la « mise à pied en vue d’un licenciement pour fautes graves » de Marc Artigau, directeur et programmateur des CNP depuis plus de vingt ans, par son PDG Galeshka Moravioff. Les « fautes graves » en question ne sont pas précisées pour l’instant, mais il semble que M. Moravioff en dressait la liste depuis un certain temps, attendant pour l’exhiber le moment propice à ses yeux et à ceux de ses avocats. M. Moravioff fait en ce moment le tour des distributeurs de films pour signaler qu’à partir de maintenant il assurera lui-même la programmation des CNP (c’est un peu comme si un assassin déclarait que, désormais, il se chargera lui-même de trouver à manger pour nourrir sa victime). Voilà une information autrement plus grave, il me semble, que la déception compréhensible mais ponctuelle de certains spectateurs venus voir des films au CNP Terreaux mercredi, et qui ont trouvé porte close. (Autre absent de ce texte : le collectif de spectateurs qui s’est créé depuis un mois, et qui relaie le mouvement initié en août dernier autour des CNP. Rappelons en donc l’adresse : http://collectifcinephile.wordpress.com/) J’aimerais revenir sur deux passages de ce texte : I. « Dès les premiers communiqués publiés par Les Inattendus et leur président Jean-François Buiré, l’amalgame était fait entre les difficultés du CNP et le lancement du festival, subventionné massivement par le Grand Lyon. Comme si l’un était responsable de l’autre… » La formulation de la première phrase de ce passage donne l’impression que, dès ses premiers communiqués à ce sujet, l’association « Les Inattendus » aurait suscité ce supposé « amalgame ». La vérité est tout autre, d’autant que les communiqués en question ne faisaient nullement mention du festival : c’est dans les commentaires de ceux-ci que, très tôt, de nombreuses personnes ont non pas fait un tel amalgame, mais évoqué le scandale que constitue à leurs yeux la simultanéité de ce festival, en effet massivement subventionné, et le déclin patent des CNP, dans le silence quasi total des instances politiques. Plutôt que d’amalgame, il faudrait parler, pour rester cinéphile, d’un montage, terriblement signifiant et opéré à partir d’une réalité flagrante. Ce sentiment récurrent a été par la suite résumé dans ce passage du compte-rendu par les Inattendus de la journée de mobilisation du 5 septembre : « [Le déclin des CNP] paraît d’autant plus choquant qu’aura lieu début octobre la première édition du “ Grand Lyon Film Festival ”, d’ambition internationale, fortement subventionné, soutenu par l’état et l’ensemble des collectivités locales, et dédié à l’histoire et à la mémoire du cinéma. Ce n’est évidemment pas tant l’événement en soi qui est choquant que le fait que, au même moment, la proposition cinématographique quotidienne à Lyon s’appauvrit à vue d’œil, et paraît de moins en moins digne d’une aussi grande ville. » Même parmi les commentaires les plus agressifs publiés ici et là à l’égard du festival Lumière, je ne crois pas qu’un seul ait été déraisonnable au point d’attribuer à ce dernier les difficultés des CNP (qui ne datent pas d’hier, on le sait, M. Moravioff les ayant rachetés en 1998) ! II. « Les spectateurs qui avaient encore envie d’aller voir des films aux CNP, malgré la médiocrité des conditions de projection, trouveront sans doute là une ultime raison pour ne plus y aller. » A propos du dernier segment de cette phrase, je dirai qu’au mieux il me paraît excessif… Dans son ensemble, cette phrase témoigne d’une incompréhension de la situation des CNP qui suffirait presque à elle seule à légitimer toute action radicale comme celle du 14 octobre : quand la communication ordinaire (même patiente et scrupuleuse) à échoué, le passage à d’autres formes d’action devient nécessaire. En effet, comment peut-on tenir dans une même main la critique de l’action des employés et celle de la « médiocrité des conditions de projection » sans avoir une vision confuse de la situation, et encourager celle-ci ? Outre qu’il y aurait fort à dire de cette assertion (si le matériel décline faute de rénovation, le travail des projectionnistes des CNP reste irréprochable, et la grande salle de Terreaux continue d’être tout à fait honorable), jusqu’à quand devra- t-on répéter que les personnes qui « font tourner » quotidiennement ce cinéma sont les premières à subir et à déplorer l’incurie dont fait preuve leur PDG à l’égard de ces salles ? Et comment faire enfin comprendre que dans l’état actuel des choses, aller voir des films aux CNP ne signifie pas forcément soutenir la philosophie et l’exigence de salles qui ont constitué un modèle de cinéma « d’Art et d’Essai et de Recherche » pendant plusieurs décennies, mais assurément refiler de l’argent à celui qui les a fait lentement mais sûrement couler depuis onze ans ? Il ne s’agit pas d’appeler au boycott des CNP, où travaille encore une vingtaine de personnes; cependant, un certain nombre de celles-ci préférerait d’ores et déjà une mort rapide mais digne à un inexorable et déprimant déclin (outre qu’il donne une image un peu plus triste chaque jour des CNP, ce dernier rend encore plus difficile l’éclosion d’un nouveau lieu en centre-ville consacré au cinéma d’Art et d’Essai et de Recherche). Même en cette semaine festive, les employés des CNP ont refusé l’unanimisme, pour tenter de faire du festival une chambre d’écho à leur triste situation. L’ont-ils « pris en otage » ? Je dirais plutôt qu’ils ont tenté de rendre ce festival utile au cinéma et aux cinéphiles, mais d’une façon différente de celle imaginée au départ. Était-ce pertinent, était-ce maladroit ? On peut évidemment discuter de la pertinence de ce choix, comme de tout choix opéré dans une situation de crise. La lisibilité de ses objectifs (bras de fer, oui, mais avec Moravioff, et prise à témoin des spectateurs et des instances politiques et culturelles) n’était pas ...

A l’attention des Festivaliers

15 octobre 2009 | Les employés des CNP

Chers festivaliers, Vous participez à ce qui se veut une grande célébration du cinéma de patrimoine. Aujourd’hui reconnus, les films présentés ont cependant dû être défendus en leur temps. Depuis sa création, le CNP œuvre à cela, offrir aux spectateurs la plus grande diversité cinématographique, laissant le temps faire son œuvre quant à ce qui sera voué à rester dans la mémoire collective. Mais pour combien de temps encore ? Car depuis le rachat par Galeshka Moravioff en 1998 et sa gestion calamiteuse, le CNP ne fait que péricliter. Par sa volonté, les salles et le matériel de projection ne bénéficient plus d’aucun investissement. Les créances auprès des différents fournisseurs et distributeurs ne sont pas honorées. Le code du travail est bafoué : absence de médecine du travail, du droit fondamental à la formation… En fermant le CNP Odéon cet été, salle en activité depuis 1906, M. Moravioff poursuit son action délibérée de détérioration du panorama cinématographique lyonnais. Non content de priver le CNP et ses spectateurs de sa plus belle salle, notre PDG ampute aujourd’hui l’entreprise d’un tiers de son effectif par la suppression des postes d’assistants de direction, d’agents d’entretien et de contrôleurs, sans envisager de travaux d’aménagements, ni de réorganisation du travail. Si la disparition des postes des agents d'entretien compromet sérieusement les conditions sanitaires des sites, et celle des assistants de direction met en péril la réalisation hebdomadaire du programme et l'organisation d'avant-première et de rencontres, l’absence de contrôleur signifie une mise en danger de chacun. Au-delà des évidentes fonctions de contrôle et d’accueil, le rôle des contrôleurs est aussi de prêter assistance au personnel de caisse, responsable de la recette et dorénavant exposé à de graves risques de vol et d’agression. Tout comme il assiste, après la fermeture de la caisse, le projectionniste qui doit maintenant surveiller seul 3 à 4 salles pour autant de cabines de projections et plusieurs dizaines de spectateurs. Dans ces conditions, la sécurité des salariés ainsi que des spectateurs est fortement compromise. Face au moindre incident, chacun se verra livré à lui-même, qu’il s’agisse de simples resquilleurs malintentionnés ou d’accidents plus graves… Nous tirons aujourd’hui la sonnette d’alarme, avant qu’on entre au CNP comme dans un moulin, avant que le personnel ou les spectateurs ne soient victimes d’agressions, avant qu’un drame ne se produise… Mais aussi avant qu’une certaine proposition cinématographique ne trouve plus sa place à Lyon, ville des frères Lumière. Avant qu’il ne soit trop tard, simplement… Les employés du CNP. Nous vous informons par ailleurs que suite à la fermeture du CNP Odéon, un collectif cinéphile s'est créé; contact et informations: http://collectifcinephile.wordpress.com

Rejoindre le Collectif…

12 octobre 2009 | Comité de soutien, Et ensuite...?

Bonjour à tous, Le Collectif est aujourd'hui constitué ! Pour être informé de ses travaux, c'est ici : http://groups.google.fr/group/collectifsoutiencnp Et pour lui rendre visite, c'est là : http://collectifcinephile.wordpress.com/ De belles choses à voir également du côté de Libélyon : http://www.libelyon.fr/cinema/