Archives de août, 2009
Les employés des CNP et l'association « Les Inattendus » organisent le SAMEDI 5 SEPTEMBRE 2009 une journée de protestation contre les conditions de fermeture de l'Odéon, et de soutien aux CNP et à leurs employés. Rappelons qu'en plein mois d'août et congés des employés, sans qu'aucun d'eux n'ait été prévenu, la salle a été vidée de son matériel de projection (expédié par Galeshka Moravioff, PDG des CNP depuis 1998, dans une de ses salles marseillaises), de ses fauteuils et de tout ce qui pouvait y avoir quelque valeur.
Le 5 septembre, nous vous donnons rendez-vous PLACE DES TERREAUX à partir de 9H30.
Afin que cette journée soit à la mesure de l'indignation suscitée par la fermeture de l'Odéon et de l'inquiétude ressentie pour le sort des deux autres sites des CNP ainsi que des personnes qui y travaillent, et qu'elle constitue une manifestation marquante et efficace de cette indignation et de cette inquiétude, il faut évidemment qu'elle regroupe un nombre aussi important que possible de participants !
D'autant que, plus généralement, c'est la question de l'existence de cinémas indépendants dans la Presqu'île lyonnaise, mais aussi la pérennité à Lyon de la diffusion de tout un pan du cinéma (qui ne se cantonne pas à l'Art et essai dit « porteur ») que pose cette triste affaire.
Nous en appelons à votre confiance : de concert avec les employés, nous allons tout faire pour que cette journée soit à la fois dynamique, mémorable ET cinéphile ! A la stupéfaction qu'a provoquée la fermeture abrupte de l'Odéon, nous tenterons de répondre par de très heureuses surprises, qui soient à la hauteur de l'amour et de l'admiration qu'on peut porter au travail de transmission cinématographique des CNP.
Nous insistons sur le fait que cet événement se déroulera sur la journée entière, aussi nous vous invitons à la réserver pour celui-ci.
Un repas collectif aura lieu à midi : merci de bien vouloir y contribuer en boissons et/ou nourritures terrestres ! Par ailleurs, chacun pourra librement participer aux frais de la journée.
MERCI DE DIFFUSER CETTE INFORMATION AUSSI LARGEMENT QUE POSSIBLE !
Le Collectif de Soutien aux CNP, les employés des cinémas CNP et l'association Les Inattendus.
Téléchargez l'appel
Si vous ne pouvez vous trouver avant 11h Place des Terreaux à Lyon ce samdi 5, rendez-vous dans l'un des cinémas CNP encore en activité (Bellecour ou Terreaux) pour être informés de l'évolution de la journée !
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Les employés des CNP ont créé un comité de soutien.
Vous pouvez y apporter votre signature en vous rendant sur l’un des deux sites encore en activité :
- le CNP Terreaux (40 rue Président-Edouard-Herriot Lyon 1er, Métro Hôtel de ville)
- le CNP Bellecour (12 rue de la Barre Lyon 2ème, Métro Bellecour).
Si vous ne pouvez vous y rendre avant le 5 septembre (date de la journée d'action), signez ici:
ou envoyez un email de soutien avec vos nom, prénom, adresse postale et électronique via le formulaire de contact.
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20 août 2009
Bonjour,
Comme prévu, une rencontre a eu lieu ce matin avec les employés des CNP : ceux de l’Odéon, sèchement laissés en plan par la fermeture de leur site, sont toujours dans l’incertitude quant à leur sort professionnel et financier. De retour de vacances, ils sont en train de faire les démarches nécessaires auprès de l’inspection du travail et du tribunal de commerce.
En se concertant, nous sommes parvenus à arrêter une date pour une journée d’action. Elle aura lieu la première semaine de septembre, mais pour des questions purement techniques nous préférons ne pas la
préciser pour l’instant : nous le ferons dès que ces questions auront été résolues.
Les employés vont créer un comité de soutien : vous apprendrez bientôt comment y émarger, aux CNP Bellecour et Terreaux ou par nos soins.
En attendant, vous pourrez rire (jaune) en lisant l’article publié à cette adresse : Le ravi
Il vaut son pesant de cacahuètes. A noter que le texte en question date de 2005, et qu’ils concerne non pas les CNP mais les salles marseillaises de Galeshka Moravioff !
Par charité d’âme, on ne s’étendra pas sur les sinistres pratiques qui ont présidé à l’édition dvd récente de « Fièvre sur Anatahan », de Josef von Sternberg, par Films sans Frontières, société de Galeshka Moravioff. Néanmoins, outre ses turpitudes en tant qu’exploitant de salles, il faut tout de même souligner le fait suivant : voilà un homme qui a fondé sa réputation sur un catalogue pellicule et dvd d’œuvres de cinéastes sublimes, mais en mettant sur le marché telles quelles, sans aucun travail d’édition ou de restauration, des copies récupérées dans un état presque toujours honteux. Dans « To Be or Not to Be » d’Ernst Lubitsch (distribué en
pellicule et dvd par Films sans Frontières, évidemment dans une copie indigne), un officier nazi dit de la prestation d’un comédien : « Ce qu’il a fait à Shakespeare, nous le faisons à la Pologne. ». On pourrait en dire autant de ce que fait Galeshka Moravioff au cinéma.
Cordialement, à bientôt,
Jean-François Buiré.
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10 août 2009
Chers amis, proches et collaborateurs,
« Il faut que tout se sache », disait Jean-Pierre Léaud dans La Maman et la putain. C'est pourquoi, même si cela n'y changera rien, je viens vous faire part de la triste nouvelle suivante.
Galeshka Moravioff, qui a racheté les CNP en 1998, vient de faire vider la cabine du CNP Odéon de son matériel de projection, qu'il a expédié dans une de ses salles marseillaises. Il a profité de la période de fermeture de l'Odéon et des congés estivaux de ses employés pour faire exécuter cette besogne, dont il n'avait prévenu personne au sein des CNP.
De retour à Lyon, Marc Artigau, directeur- programmateur des CNP, a ainsi découvert la coquille vide que la salle était devenue en son absence, alors même qu'il y avait programmé des films à partir de sa reprise le 19 août, et pour plusieurs semaines.
Aujourd'hui, ce sont trente années d'affiches de cinéma qui étaient conservées à l'Odéon que des représentants de la Cinémathèque du Luxembourg sont venus emporter, sous la houlette de Moravioff.
Dans les jours qui viennent, ce seront les fauteuils qu'il fera sans doute enlever, toujours à destination de ses salles marseillaises. Tout ce qui peut avoir quelque valeur est systématiquement récupéré, et jamais au profit des deux autres sites des CNP.
A des employés des CNP venus constater le pillage, Moravioff a dit qu'il faisait ce qu'il voulait, ajoutant qu'il conserverait le site de Bellecour « comme une poire pour sa soif », ce qui n'est pas de bon augure pour celui des Terreaux.
Cordialement,
Jean-François Buiré
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Lyon, le 25 mai 2009
Nous sommes membres des Inattendus, association lyonnaise de programmation, de réalisation et
d’enseignement du cinéma, qui organise tous les deux ans le festival du même nom. Par la présente
lettre, nous souhaitons exprimer notre inquiétude quant au sort des salles de cinéma CNP dont
l’avenir, malgré leur importance capitale pour la culture et la cinéphilie lyonnaises depuis leur création
en 1967, semble gravement compromis.
Les cinéphiles lyonnais ont une dette à l’égard des CNP et de Marc Artigau, qui les dirige et les
programme depuis vingt ans. C’est dans cet ensemble de huit salles, réparties sur trois sites au coeur de
la ville (le CNP Bellecour, le CNP Odéon et le CNP Terreaux) qu’ils ont pu découvrir les cinéastes et
les cinématographies de tous pays, de toutes époques et de tous styles. Les oeuvres de cinéastes
unanimement reconnus de nos jours, c’est dans ces salles qu’ils en ont vu les premières manifestations
filmiques, quand ils étaient considérés comme « confidentiels » ; c’est là qu’ils ont pu en suivre, pas à
pas, le développement et l’accomplissement. L’idée selon laquelle le territoire du cinéma, loin de se
limiter à la France et aux Etats-Unis, est aussi ouvert et divers que celui représenté par une carte du
monde, c’est dans ces salles qu’ils l’ont vue se concrétiser. La conception non amnésique d’une
cinéphilie qui ne se conjuguerait pas seulement au temps de l’actualité mais aussi à celui des oeuvres
du passé, c’est encore là qu’ils ont pu la nourrir. C’est enfin dans ces salles qu’a été ménagée pour les
spectateurs la possibilité de rencontrer régulièrement des cinéastes à la faveur de la projection de leurs
nouvelles réalisations, dans l’intention de susciter non pas des « événements » médiatico-culturels
mais de véritables discussions autour d’oeuvres cinématographiques.
Jusqu’aujourd’hui à Lyon, aucun autre lieu dénué de sectarisme culturel, social ou économique et
répondant toutefois aux exigences d’un fonctionnement commercial n’a fait preuve d’une telle
diversité dans sa proposition de cinéma. Au nom des trois principes que représente le sigle CNP
(« Cinéma National Populaire », dans le sillage du TNP), c’est une haute idée de la transmission du
cinéma qui y a été défendue. Ces salles ont toujours observé une cohérence éthique qui ne se borne pas
au caractère pionnier et ouvert de leur programmation. Elle se retrouve dans sa tarification, qui
conjugue le souci de l’accessibilité au plus grand nombre et celui du respect économique des oeuvres ;
dans son mode de programmation, qui fait coexister harmonieusement les films « minoritaires » et
ceux qui le sont moins en refusant de sacrifier les premiers au profit des seconds. La constante
exigence de Marc Artigau a été d’offrir aux films « à risques » en termes commerciaux toutes les
chances d’effectivement « rencontrer leur public », par un travail extrêmement scrupuleux sur leur
durée d’exploitation, leur nombre hebdomadaire de séances et les horaires de celles-ci. De pays parfois
très éloignés, des cinéastes ont d’ailleurs spontanément exprimé leur gratitude pour la façon dont les
CNP ont respecté leur travail, bien souvent ignoré ou maltraité par d’autres instances de diffusion
(salles ou chaînes de télévision) pourtant étiquetées « cinéphiles ». « Démocratie culturelle »,
« Cinémas d’Art et Essai » et « Cinémas de Recherche », rarement de telles expressions auront trouvé
une application aussi peu théorique, et sur la durée, que dans le cadre des CNP.
La situation critique dans laquelle se trouvent désormais les CNP est due à des hausses de loyer,
une masse salariale importante, un ensemble de dettes auprès des distributeurs de films et la
concurrence exacerbée qui s’est développée à Lyon autour des films dits « d’Art et Essai porteur »,
mais elle a aussi énormément pâti des pratiques de gestion de l’actuel PDG, qui a racheté les salles en
1998. Si nous vous adressons cette lettre, c’est non seulement en raison de la gravité de cette situation
mais aussi de son écho dramatiquement faible (pour ne pas dire inexistant) auprès des instances et des
personnes qui pourraient et devraient s’en soucier. Il nous semble inconcevable que le souci de la
continuation de l’activité des CNP ne tienne à coeur de quiconque se préoccupe un tant soit peu d’art,
de culture ou de cinéma, impensable qu’une ville telle que Lyon se prive d’une contribution aussi
exemplaire à ces domaines, qui ne saurait être remplacée terme à terme par aucun lieu de diffusion
cinématographique existant à l’heure actuelle. C’est pourquoi, par cette lettre ouverte, nous en
appelons au soutien à ces salles de la part des instances politiques et culturelles, tant nationales que
locales.
Au cas où les difficultés matérielles des CNP s’avéreraient insurmontables, nous éprouverions
l’impérieuse nécessité de proposer un projet de reprise, car ces salles ne peuvent pas disparaître sans
que le relais en soit assuré. Réfléchi tant du point du vue économique qu’artistique, fût-ce à une
échelle repensée pour un nouveau départ, nous estimons qu’il serait économiquement viable et
permettrait de faire en sorte que le gouffre cinématographique que susciterait à Lyon la fin des CNP ne
reste pas béant. Le cas échéant, nous ne manquerions pas de vous recontacter afin de vous tenir
informés d’un tel projet, en espérant qu’il trouverait chez vous une écoute favorable.
Pour Les Inattendus,
Jean-François Buiré, président
Jean-Pierre Sougy, directeur artistique
Jean-Paul Lebesson
Fabrice Cavaillé
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