Soirée de débats/projection le 16 décembre au CIFA St-Denis

4 décembre 2009 | Collectif Cinéphile constitué

cnp_affiche_1612 A l’initiative du Collectif cinéphile qui s’est constitué après la fermeture scandaleuse du CNP Odéon,
une soirée de débats, suivie de la projection d’un film inédit à Lyon, est organisée :

Mercredi 16 décembre à 19 heures
Cinéma CIFA Saint-Denis

77 grande rue de la Croix Rousse à LYON (4ème)
M° : Croix-Rousse ou Hénon (Direction Cuire)
Bus : n°13 (Direction Montessuy / arrêt Commandant Arnaud)
Voir le PLAN

PAF : 5 euros
Réservation souhaitée à l’adresse suivante : debatdu1612(at)gmail.com

PROGRAMME

  • 19h30 : Où en est la mobilisation autour des CNP ?
  • Vous avez été nombreux à soutenir les CNP et les salariés. Nous vous invitons à nous rejoindre afin d’échanger quant à nos attentes et nous permettre d’aller plus loin dans le partage de l’information et des analyses qui circulent sur la situation du cinéma à Lyon.

    - 7000 signatures ont été recueillies en soutien au CNP et à ses salariés ;
    - les pouvoirs publics ont été alertés ;
    - des actions ont été menées auprès du public, et des professionnels du cinéma ;
    - les médias se sont faits l’écho de nos prises de position ;
    - Le collectif cinéphile vient de se constituer en association Enjeux sur image pour nous fédérer autour du projet de sauvegarde, de promotion et de diffusion, à Lyon, d’une programmation cinématographique audacieuse et exigeante d’art, d’essai et de recherche.

  • 20h : Quelles perspectives pour la diffusion du cinéma d’art, d’essai et de recherche ?
  • Au-delà du sort des seuls CNP, chacun sait que l’univers du cinéma ne sera plus demain le même qu’aujourd’hui. Tout ou presque est en changement : les lieux, les publics (leurs attentes et pratiques), les technologies, les formes de cinéma, les modèles économiques etc. Il s’agira dès lors, de réfléchir, le plus largement possible, à tout ce qui pourrait permettre l’accès à un cinéma dont le succès commercial et critique n’est jamais assuré.

    Ce sera l’occasion de débattre sur la situation locale et nationale, en présence de :
    - Fabienne Hanclot, Déléguée générale de l’ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion)
    - Jérôme Brodier, Délégué général du GNCR (Groupement National des Cinémas de Recherche)
    - Laure Tarnaud, Déléguée générale de la SRF (Société des Réalisateurs de Films)
    - Un représentant du GRAC (Groupement Régional d’Actions Cinématographiques)

  • 21h30 : Projection d’un film inédit à Lyon pour clore cette première rencontre
  • Nous accueillerons le réalisateur Philippe Fernandez qui viendra présenter son premier long métrage :
    « Léger tremblement du paysage » (2008 / 1h25 / Film soutenu par l’ACID)
    Un petit village. Une météorite tombe. Portraits de personnages qui évoluent, réfléchissent sur eux-même, le monde, l’humanité, l’existence, l’univers et sa fin.

Nous remercions :

  • Le Cifa Saint-Denis de nous accueillir
  • Contre Allée Distribution, le distributeur du film
  • le GRAC pour son soutien logistique

Pour plus de renseignements sur le collectif et l’action des salariés, 2 sites à visiter :

  • http://collectifcinephile.wordpress.com
  • http://www.soutenirlescinemascnp.org

Pour vous abonner à la Newsletter de l’association, envoyez un mail à :
newsletter-subscribe(at)enjeuxsurimage.org
Pour vous désabonner, envoyez un mail à :
newsletter-unsubscribe(at)enjeuxsurimage.org

Télécharger l’affiche de la soirée ICI

La Lettre du SDI (Syndicat des Distributeurs Indépendants)

10 novembre 2009 | Sonnette d'alarme

Paris, le 9 novembre 2009
Monsieur Frédéric MITTERRAND
Ministre de la Culture et de la Communication
Madame Véronique CAYLA
Présidente du Centre National du Cinéma et de l’image animée
Monsieur Gérard COLLOMB
Sénateur-Maire de LYON

Monsieur le Ministre,
Madame la Présidente,
Monsieur le Sénateur-Maire,

Le Syndicat des Distributeurs Indépendants (SDI) souhaite vous faire part de son indignation devant les méthodes utilisées pour mettre fin aux activités des salles de cinéma CNP à Lyon et de sa profonde inquiétude devant la nouvelle situation de la ville quant à la diversité et à la qualité de l’offre de films désormais proposées au public.

Tout d’abord, la situation des cinémas CNP ces derniers mois nous paraît difficilement acceptable : déménagement brutal et clandestin pendant l’été de l’outil de travail des salariés du CNP Odéon, opération suivie du licenciement de plusieurs salariés des CNP Terreaux et Bellecour, puis aujourd’hui d’une procédure de licenciement pour faute grave envers le programmateur des CNP, Monsieur Marc Artigau.

Sans se prononcer sur le fond d’un dossier dont il n’a pas connaissance, le SDI ne peut que confirmer, comme l’ont fait les milliers de cinéphiles qui fréquentaient les salles du CNP et de nombreuses organisations professionnelles du cinéma, la qualité du travail qu’effectuait Monsieur Marc Artigau dans les salles du CNP.

Nous demandons en conséquence aujourd’hui aux Pouvoir Publics de vérifier et de faire toute la lumière sur cette entreprise d’exploitation, qui percevait depuis 1998 des aides automatiques et sélectives qui auraient dû lui permettre de rénover et d’améliorer le fonctionnement de ces salles et l’accueil du public, ce qui n’a visiblement pas été fait.

Les écrans du CNP étaient à Lyon les lieux essentiels de programmation d’un cinéma ambitieux et fragile, au service de la diversité des auteurs et des cultures. Il convient de rappeler que ces films (près de 50% des oeuvres art et essai sortent sur un maximum de 20 salles en France) n’accèdent à leur public que grâce à la qualité du travail d’équipes comme celles des CNP, qui ont sû fidéliser les spectateurs autour d’une ligne éditoriale cohérente et réaliser un travail d’accompagnement régulier. Nous ne pouvons admettre que cette conception du cinéma comme vecteur majeur de la création artistique au XXIème siècle disparaisse de la seconde ville de France.

Nous espérons que notre démarche retiendra toute votre attention et que des mesures seront rapidement prises pour mettre fin à la grave situation à laquelle conduit aujourd’hui la menace de disparition des CNP.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, Madame la Présidente, Monsieur le Sénateur-Maire, à l’assurance de notre haute considération.

Pour le Conseil d’administration du SDI
Vincent PAUL-BONCOUR
Président

Télécharger la Lettre du SDI

________________________________________________________________________________________________
SDI (Syndicat des Distributeurs Indépendants)
ADRESSE POSTALE : c/o I2C – 23 Rue des Charmes 78110 LE VESINET
SIEGE SOCIAL : 8, Boulevard Montmartre 75009 Paris
Tel : 01 30 71 50 92 – courriel : sdicine@free.fr – site web : www.sdicine.fr

Prochaine réunion du Collectif

7 novembre 2009 | Collectif Cinéphile constitué

La prochaine réunion du collectif de soutien au CNP se tiendra mercredi 11 novembre à 19h dans la salle arrière de la librairie « A plus d’un titre » (quai de la pêcherie-Lyon 1er).
Nous tentons de mettre sur pied une soirée débat mi-décembre pour échanger sur la question du cinéma d’art et d’essai à LYON.

Le Collectif.

Se souvenir de demain

5 novembre 2009 | Les employés des CNP

Bonjour à tous,

Suite à notre précédent message, certains semblent s’inquiéter de la situation dépeinte et se demandent dans quelle mesure ils peuvent agir. Alors, effectivement, tant que Galeshka Moravioff en sera propriétaire, il y a fort à parier que l’avenir du CNP ne sera qu’une lente agonie avant sa fermeture plus que probable. Face à notre pdg et ses agissements, puisque nous sommes dans le cadre d’une société privée, il n’y a que nous qui puissions réellement agir (et lui nuire) en faisant valoir nos droits, afin qu’il récolte les fruits de son œuvre. Et c’est ce que nous nous employons à faire par la voie légale.

Cependant, dans l’hypothèse d’un rachat du CNP ou de la création d’un nouveau lieu dédié au cinéma d’art et essai, les spectateurs dans leur ensemble peuvent avoir un rôle à jouer. Des réunions du collectif de cinéphiles était née une idée aussi simple que pertinente, témoigner de son attachement au CNP (et à sa proposition artistique) d’un simple post-it sur lequel figurerait un réalisateur, un acteur… découvert dans ces salles – ou une anecdote personnelle relative aux lieux. Avec pour but d’en recouvrir les murs et de redonner un peu de vie à ses tristes murs, en y affichant l’histoire du CNP qui s’est écrite à travers vous. Aussi, ce serait l’occasion de conforter de possibles futurs acquéreurs/entrepreneurs de l’existence d’un véritable public, et ce d’une façon plus visible et ludique que notre actuelle pétition. Pour éviter que les souvenirs ne deviennent regrets.

Personnellement, au CNP, j’ai découvert Tariq Teguia (Inland) et travaillé avec des personnes dont j’ai beaucoup appris. Et dont j’espère continuer à apprendre.

A vos post-it, donc !

Cordialement,
les employés du CNP.

Lettre Ouverte de l’ACID et de la SRF

2 novembre 2009 | Sonnette d'alarme

À Monsieur Frédéric Mitterrand,
Ministre de la Culture et de la Communication

À Madame Véronique Cayla,
Présidente du Centre National de la Cinématographie

À Monsieur Gérard Collomb,
Sénateur-Maire de Lyon

Paris, le 26 octobre 2009

Monsieur le Ministre,

Madame la Présidente,

Monsieur le Sénateur-Maire,

Nous avons appris le coup de force inadmissible perpétré à Lyon, en plein mois d’août, par Monsieur Galeshka Moravioff, propriétaire des cinémas CNP, d’abord pour liquider la salle CNP Odéon (expulsion négociée en dehors du champ cinématographique), puis pour licencier économiquement plusieurs salariés des autres sites (CNP Bellecour et Terreaux) et enfin maintenant pour engager une procédure de licenciement (pour prétendues « fautes graves ») envers le programmateur des CNP, Monsieur Marc Artigau.

Nous témoignons ici, avec les 6000 cinéphiles ayant déjà signé à Lyon la pétition de soutien aux CNP, que c’est grâce à l’activité inlassable de Marc Artigau, l’intelligence de sa programmation ouverte à tous les styles d’oeuvres, des plus médiatisées aux plus singulières, son respect de la diversité des publics et des auteurs, que les CNP sont devenus au fil des années un modèle d’une programmation « Art & Essai » et
« Recherche » à la fois exigeante et grand public.

Voilà maintenant que cette fenêtre essentielle d’exposition de la diversité du cinéma dans la deuxième ville de France est en danger. C’est une liberté fondamentale qui est ici en jeu : celle pour tous les cinéastes d’avoir accès à tous les publics (y compris des centre villes) et celle des spectateurs à voir les films de leur choix.

Les pouvoirs publics doivent prendre conscience que si les CNP disparaissaient à Lyon, tout un pan du cinéma (grosso modo celui édité actuellement en France sur moins de 40 copies) finirait par n’avoir plus aucune exposition véritable au coeur de la presqu’île lyonnaise.

Le déménagement brutal et clandestin de l’outil de travail du CNP Odéon rappelle trop les pratiques d’autres «patrons voyous». Et ici comme dans d’autres entreprises, nous ne les acceptons pas!
Il faut en effet rappeler combien l’entreprise de Galeshka Moravioff (qui a racheté les salles en 1998) bénéficie chaque année, au titre du soutien automatique et sélectif du CNC, de sommes importantes pour l’exploitation des salles lyonnaises. Et ces sommes – provenant d’une taxe prélevée sur chaque billet de spectateur – ont depuis des années été réinvesties ailleurs, grâce à la règle dite de « mise en communauté d’intérêt du fonds de soutien à l’exploitation », entraînant de fait le déclin progressif de ces salles en termes
de confort et de qualité de projection.

La liquidation du CNP Odéon – Cinéma National Populaire – au bénéfice d’une opération commerciale sur la presqu’île lyonnaise sera sans doute une juteuse opération financière mais alors quid de toute idée de politique culturelle si l’on peut ainsi désaffecter, sans l’avis de quiconque, un théâtre cinématographique de sa fonction première ?

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de vous saisir au plus vite de ce dossier : il est indispensable d’exiger des comptes à Monsieur Moravioff quant à sa gestion calamiteuse depuis le rachat des salles, de s’assurer que les droits des salariés sont respectés et d’agir sans délai pour que soit mis un terme à la mascarade du licenciement engagé envers son programmateur.

En défendant les CNP c’est une certaine idée du cinéma comme Art que nous défendons. Nous ne pouvons croire que la destruction d’un tel symbole puisse avoir lieu en toute impunité. Si c’était le cas, c’est toute une page du cinéma français qui serait tournée. Il est important face à de tels agissements d’affirmer certains principes : non, la culture n’est pas une marchandise comme une autre !

Nous attendons des pouvoirs publics d’agir concrètement pour s’y associer avec nous et de les défendre avec toute la vigueur nécessaire.

Dans l’attente de votre intervention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, Madame la Présidente et Monsieur le Maire, l’expression de notre respectueuse considération.

Fabienne Hanclot
Déléguée générale de l’ACID
(Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion)

Laure Tarnaud
Déléguée générale de la SRF
(Société des Réalisateurs de Films)

ACID – 14 rue Alexandre Parodi, 75010 PARIS – 01 44 89 99 74
SRF – 14 rue Alexandre Parodi, 75010 PARIS – 01 44 89 99 65

Télécharger la lettre ouverte de l’ACID et de la SRF

Un point sur la situation du CNP

1 novembre 2009 | Les employés des CNP

Bonjour à tous et à toutes,

Tout d’abord, nous tenons a vous remercier de votre soutien, qu’il se soit manifesté par votre présence lors des journées d’action que nous avons menées, ou par la signature des pétitions disponibles aux CNP et sur internet .

Le succès de ces dernières nous a permis de nous conforter dans l’utilité de la lutte que nous menons depuis plus de deux mois face à notre pdg Galeshka Moravioff, aussi bien pour le respect du droit du travail que pour la survie d’une certaine proposition cinématographique. Succès qui explique aussi le retour tardif d’informations de notre part à votre attention, devant le nombre important de contacts à saisir (plusieurs milliers).

Il est donc temps de faire le point sur notre situation qui, après avoir stagnée pendant plusieurs semaines, est enfin plus claire, mais pas moins délicate.

Suite aux entretiens préalables effectués par Galeshka Moravioff le 29 septembre 2009, l’ensemble des contrôleurs, des agents entretiens et deux des trois assistants de directions ont donc été licenciés la semaine dernière. Soit trois semaines après le début de la procédure.
De plus, le 14 octobre, le directeur et programmateur des CNP depuis 22 ans, Marc Artigau, a été mis à pied en vue de son licenciement.
L’entretien préalable s’est déroulé mardi 27 octobre, au siège parisien de notre pdg, entérinant cette décision.

Les conséquences sont immédiates et évidentes. Depuis la prise en charge de la programmation par Galeshka Moravioff, le choix et la diversité des films proposés pâtissent de son incompétence et de ses relations houleuses avec les distributeurs. L’accès aux nouvelles sorties se complexifie encore. Ainsi, cette semaine, à peine 12 films (hors séances de minuit) sont à l’affiche pour 7 salles, et la rencontre prévue avec la réalisatrice Simone Bitton pour son film Rachel a du être annulée. Dans cette situation, ce sont évidemment les œuvres les plus fragiles qui sont encore mises en danger, les films dits porteurs étant nécessaires à notre survie.

Aussi, depuis le mercredi 19 octobre, l’entretien n’est plus effectué dans les salles et les sanitaires, puisqu’aucun contrat avec une entreprise de nettoyage n’a été signé, malgré la promesse de notre employeur. Le résultat est déjà visible.

Enfin, l’absence de contrôleurs commence à se faire sentir. Que ce soit par de simples spectateurs se trompant de salles faute de conseils dans un lieu dont la configuration le requiert, ou par la prise de retard systématique des séances lorsque le personnel de caisse doit gérer seul plus d’une centaine de personnes. Soit un avant-gout des problèmes récurrents à venir, auxquels s’ajouteront d’autres plus importants lorsque s’inviteront les resquilleurs ou qu’un incident se produira au sein d’une salle sans que personne ne puisse intervenir immédiatement.

Aux conditions des sites s’ajoutent encore la situation non résolue d’une partie des employés du CNP Odéon, privés d’outil de travail depuis le 19 aout 2009, tout en étant toujours salariés de l’entreprise.

A ce jour, voici donc où a mené la gestion calamiteuse du CNP par Galeshka Moravioff.

Nous espérons pouvoir vous donner de nouvelles informations plus prochainement.

Cordialement,
les employés du CNP

Fautes Graves (Cinémas CNP de Lyon : Soutien à Marc Artigau)

20 octobre 2009 | Collectif Cinéphile constitué

Le mercredi 14 octobre 2009, Monsieur Galeshka Moravioff, PDG des cinémas CNP de Lyon, a adressé à Monsieur Marc Artigau, directeur-programmateur des CNP depuis 1987, un avis de mise à pied en vue d’un
licenciement pour « fautes graves », lesquelles n’ont pas été précisées.

Suite au démantèlement clandestin du CNP Odéon en août 2009 par Galeshka Moravioff, et à l’ensemble des licenciements économiques que ce dernier a mis en oeuvre, selon des modalités brutales et juridiquement contestables, au sein des employés des deux sites subsistants (Bellecour et Terreaux), plus de 6000 cinéphiles ont signé une pétition de soutien aux CNP, sous forme électronique ou manuscrite.

Ce soutien allait bien sûr aux CNP portés par le travail de Marc Artigau et de son équipe, à l’égard desquels les cinéphiles lyonnais ont une dette imprescriptible, et non à ceux que Monsieur Moravioff s’est appropriés en 1998 et dont il a entraîné le déclin.

De l’ensemble des signataires de cette pétition est né un collectif de spectateurs. Dans les tristes circonstances actuelles, CE COLLECTIF DECLARE CONSERVER TOUTE SA CONFIANCE DANS LE TRAVAIL DE
PROGRAMMATION DE MARC ARTIGAU qui, dans le sillage de Robert Gilbert et de Bruno Pésery, a fait des CNP un modèle national de salles de cinémas d’Art et d’Essai et de Recherche pendant plusieurs décennies.

EN REVANCHE, NOUS IMPUTONS À MONSIEUR MORAVIOFF LES FAUTES GRAVES SUIVANTES :

  • avoir constamment bafoué les droits fondamentaux des travailleurs
    des CNP
  • avoir systématiquement négligé toute forme de rénovation des CNP, qu’il s’agisse du matériel de projection ou du confort et de la sécurité du public et des employés
  • avoir gravement détérioré les relations des CNP avec les distributeurs de films, en faisant du mauvais voire du non-paiement de ceux-ci une attitude systématique
  • n’avoir jamais sérieusement proposé de nouveau projet pour les CNP, dans un contexte d’évolution des pratiques cinéphiles
  • avoir rejeté sur ses concurrents, sur les collectivités locales, sur Marc Artigau et sur l’ensemble des employés des CNP la responsabilité de ces fautes, qui lui incombent.

Le Collectif Cinéphile de Lyon.

Réponse à Christophe Chabert

16 octobre 2009 | Journée d'action, Les employés des CNP

(Voir son article sur le blog Festival Lumière 2009 du Petit Bulletin)

Tout d’abord, il faut signaler l’un des principaux faits de la journée du 14 octobre, dont il n’est pas question dans le texte de Christophe Chabert : la « mise à pied en vue d’un licenciement pour fautes graves » de Marc Artigau, directeur et programmateur des CNP depuis plus de vingt ans, par son PDG Galeshka Moravioff. Les « fautes graves » en question ne sont pas précisées pour l’instant, mais il semble que M. Moravioff en dressait la liste depuis un certain temps, attendant pour l’exhiber le moment propice à ses yeux et à ceux de ses avocats. M. Moravioff fait en ce moment le tour des distributeurs de films pour signaler qu’à partir de maintenant il assurera lui-même la programmation des CNP (c’est un peu comme si un assassin déclarait que, désormais, il se chargera lui-même de trouver à manger pour nourrir sa victime). Voilà une information autrement plus grave, il me semble, que la déception compréhensible mais ponctuelle de certains spectateurs venus voir des films au CNP Terreaux mercredi, et qui ont trouvé porte close.

(Autre absent de ce texte : le collectif de spectateurs qui s’est créé depuis un mois, et qui relaie le mouvement initié en août dernier autour des CNP. Rappelons en donc l’adresse : http://collectifcinephile.wordpress.com/)

J’aimerais revenir sur deux passages de ce texte :

I. « Dès les premiers communiqués publiés par Les Inattendus et leur président Jean-François Buiré, l’amalgame était fait entre les difficultés du CNP et le lancement du festival, subventionné massivement par le Grand Lyon. Comme si l’un était responsable de l’autre… »

La formulation de la première phrase de ce passage donne l’impression que, dès ses premiers communiqués à ce sujet, l’association « Les Inattendus » aurait suscité ce supposé « amalgame ». La vérité est tout autre, d’autant que les communiqués en question ne faisaient nullement mention du festival : c’est dans les commentaires de ceux-ci que, très tôt, de nombreuses personnes ont non pas fait un tel amalgame, mais évoqué le scandale que constitue à leurs yeux la simultanéité de ce festival, en effet massivement subventionné, et le déclin patent des CNP, dans le silence quasi total des instances politiques. Plutôt que d’amalgame, il faudrait parler, pour rester cinéphile, d’un montage, terriblement signifiant et opéré à partir d’une réalité flagrante.

Ce sentiment récurrent a été par la suite résumé dans ce passage du compte-rendu par les Inattendus de la journée de mobilisation du 5 septembre : « [Le déclin des CNP] paraît d’autant plus choquant qu’aura lieu début octobre la première édition du “ Grand Lyon Film Festival ”, d’ambition internationale, fortement subventionné, soutenu par l’état et l’ensemble des collectivités locales, et dédié à l’histoire et à la mémoire du cinéma. Ce n’est évidemment pas tant l’événement en soi qui est choquant que le fait que, au même moment, la proposition cinématographique quotidienne à Lyon s’appauvrit à vue d’œil, et paraît de moins en moins digne d’une aussi grande ville. » Même parmi les commentaires les plus agressifs publiés ici et là à l’égard du festival Lumière, je ne crois pas qu’un seul ait été déraisonnable au point d’attribuer à ce dernier les difficultés des CNP (qui ne datent pas d’hier, on le sait, M. Moravioff les ayant rachetés en 1998) !

II. « Les spectateurs qui avaient encore envie d’aller voir des films aux CNP, malgré la médiocrité des conditions de projection, trouveront sans doute là une ultime raison pour ne plus y aller. »

A propos du dernier segment de cette phrase, je dirai qu’au mieux il me paraît excessif… Dans son ensemble, cette phrase témoigne d’une incompréhension de la situation des CNP qui suffirait presque à elle seule à légitimer toute action radicale comme celle du 14 octobre : quand la communication ordinaire (même patiente et scrupuleuse) à échoué, le passage à d’autres formes d’action devient nécessaire.
En effet, comment peut-on tenir dans une même main la critique de l’action des employés et celle de la « médiocrité des conditions de projection » sans avoir une vision confuse de la situation, et encourager celle-ci ? Outre qu’il y aurait fort à dire de cette assertion (si le matériel décline faute de rénovation, le travail des projectionnistes des CNP reste irréprochable, et la grande salle de Terreaux continue d’être tout à fait honorable), jusqu’à quand devra- t-on répéter que les personnes qui « font tourner » quotidiennement ce cinéma sont les premières à subir et à déplorer l’incurie dont fait preuve leur PDG à l’égard de ces salles ? Et comment faire enfin comprendre que dans l’état actuel des choses, aller voir des films aux CNP ne signifie pas forcément soutenir la philosophie et l’exigence de salles qui ont constitué un modèle de cinéma « d’Art et d’Essai et de Recherche » pendant plusieurs décennies, mais assurément refiler de l’argent à celui qui les a fait lentement mais sûrement couler depuis onze ans ? Il ne s’agit pas d’appeler au boycott des CNP, où travaille encore une vingtaine de personnes; cependant, un certain nombre de celles-ci préférerait d’ores et déjà une mort rapide mais digne à un inexorable et déprimant déclin (outre qu’il donne une image un peu plus triste chaque jour des CNP, ce dernier rend encore plus difficile l’éclosion d’un nouveau lieu en centre-ville consacré au cinéma d’Art et d’Essai et de Recherche).

Même en cette semaine festive, les employés des CNP ont refusé l’unanimisme, pour tenter de faire du festival une chambre d’écho à leur triste situation. L’ont-ils « pris en otage » ? Je dirais plutôt qu’ils ont tenté de rendre ce festival utile au cinéma et aux cinéphiles, mais d’une façon différente de celle imaginée au départ.
Était-ce pertinent, était-ce maladroit ? On peut évidemment discuter de la pertinence de ce choix, comme de tout choix opéré dans une situation de crise. La lisibilité de ses objectifs (bras de fer, oui, mais avec Moravioff, et prise à témoin des spectateurs et des instances politiques et culturelles) n’était pas forcément évidente.
Mais si des spectateurs sont venus le mercredi 14 octobre dans un esprit de soutien aux CNP (aux CNP-malgré-Moravioff, devrait-on dire), ils ont sûrement compris la démarche, aussi confuse fût-elle.
Ceux qui ne connaissaient pas la situation de ces salles n’ont pu que l’apprendre à cette occasion, de façon peut-être plus marquante que par un simple tract. Quant à ceux qui voueraient désormais ces salles aux gémonies sur la seule base de cette porte close durant une journée (fût-elle de festival), on est en droit de penser que ce sont des gens de peu de foi.

Une anecdote, pour finir. Ce mercredi 14 octobre à 16h30, Pierre Etaix, de passage à Lyon pour présenter (aux Alizés et au Comœdia) la copie restaurée de son film YOYO dans le cadre du festival, est venu au CNP Terreaux pour y voir un film. Devant la fermeture des lieux, sa réaction fut le contraire de celle d’une prima donna. Ayant déjà fait part de sa colère face aux agissements de M. Moravioff à l’occasion de la journée de mobilisation du 5 septembre, il a lors composé sur son téléphone le numéro du PDG des CNP, affiché par les employés, afin de lui signifier directement son indignation. Comme quoi, le jour en question, toutes les attitudes ne furent pas négatives (loin de là).

Jean-François Buiré.

A l’attention des Festivaliers

15 octobre 2009 | Les employés des CNP

Chers festivaliers,

Vous participez à ce qui se veut une grande célébration du cinéma de patrimoine. Aujourd’hui
reconnus, les films présentés ont cependant dû être défendus en leur temps. Depuis sa
création, le CNP œuvre à cela, offrir aux spectateurs la plus grande diversité
cinématographique, laissant le temps faire son œuvre quant à ce qui sera voué à rester dans la
mémoire collective.

Mais pour combien de temps encore ?

Car depuis le rachat par Galeshka Moravioff en 1998 et sa gestion calamiteuse, le CNP ne fait
que péricliter. Par sa volonté, les salles et le matériel de projection ne bénéficient plus d’aucun
investissement. Les créances auprès des différents fournisseurs et distributeurs ne sont pas
honorées. Le code du travail est bafoué : absence de médecine du travail, du droit
fondamental à la formation…

En fermant le CNP Odéon cet été, salle en activité depuis 1906, M. Moravioff poursuit son
action délibérée de détérioration du panorama cinématographique lyonnais.
Non content de priver le CNP et ses spectateurs de sa plus belle salle, notre PDG ampute
aujourd’hui l’entreprise d’un tiers de son effectif par la suppression des postes d’assistants de
direction, d’agents d’entretien et de contrôleurs, sans envisager de travaux d’aménagements,
ni de réorganisation du travail.

Si la disparition des postes des agents d’entretien compromet sérieusement les conditions
sanitaires des sites, et celle des assistants de direction met en péril la réalisation hebdomadaire
du programme et l’organisation d’avant-première et de rencontres, l’absence de contrôleur
signifie une mise en danger de chacun.

Au-delà des évidentes fonctions de contrôle et d’accueil, le rôle des contrôleurs est aussi de
prêter assistance au personnel de caisse, responsable de la recette et dorénavant exposé à de
graves risques de vol et d’agression. Tout comme il assiste, après la fermeture de la caisse, le
projectionniste qui doit maintenant surveiller seul 3 à 4 salles pour autant de cabines de
projections et plusieurs dizaines de spectateurs.

Dans ces conditions, la sécurité des salariés ainsi que des spectateurs est fortement
compromise. Face au moindre incident, chacun se verra livré à lui-même, qu’il s’agisse de
simples resquilleurs malintentionnés ou d’accidents plus graves…

Nous tirons aujourd’hui la sonnette d’alarme, avant qu’on entre au CNP comme dans un
moulin, avant que le personnel ou les spectateurs ne soient victimes d’agressions, avant qu’un
drame ne se produise… Mais aussi avant qu’une certaine proposition cinématographique ne
trouve plus sa place à Lyon, ville des frères Lumière. Avant qu’il ne soit trop tard,
simplement…

Les employés du CNP.

Nous vous informons par ailleurs que suite à la fermeture du CNP Odéon, un collectif cinéphile s’est créé; contact et informations: http://collectifcinephile.wordpress.com

Rejoindre le Collectif…

12 octobre 2009 | Comité de soutien, Et ensuite...?

Bonjour à tous,

Le Collectif est aujourd’hui constitué !

Pour être informé de ses travaux, c’est ici : http://groups.google.fr/group/collectifsoutiencnp
Et pour lui rendre visite, c’est là : http://collectifcinephile.wordpress.com/

De belles choses à voir également du côté de Libélyon : http://www.libelyon.fr/cinema/